La Barbière de Paris – « Utiliser sa main de fer dans un gant de velours »

Aujourd’hui, nos rencontres nous amènent jusqu’au salon de Sarah, La Barbière de Paris. Sarah exerce ses talents de barbière et de coiffeuse depuis plus de 15 ans. Elle est à ce jour la seule femme barbier de Paris. N’hésitez pas à découvrir son univers ici

CaptureDans votre parcours professionnel votre« statut » de femme a-t-il été un atout pour vous ?
Dans mon secteur d’activité, très masculin, être une femme est un atout évident. La femme a une vision plus objective sur l’esthétique. Par exemple pour conseiller un homme, qui pousse la porte de la boutique, je porte sur lui un regard de séduction et me pose toujours la question «comment pourrait-il me plaire ? ».  Sur un sujet délicat pour un homme comme l’esthétisme, ma sensibilité de femme est un plus pour le conseiller, avec douceur, sur le style de barbe par exemple. 

Quelles sont les trois principales qualités ou traits de caractères qu’une femme doit réunir pour mener à bien sa vie professionnelle ?
Je dirais qu’en tant que femme, j’ai cette capacité à savoir m’imposer tout en restant délicate. Utiliser ma main de fer dans un gant de velours en sorte. Et comme je le disais, précédemment, la principale qualité féminine pour mon métier est mon regard de séduction.
Par ailleurs, il m’a fallu beaucoup de patience, observer, écouter, appréhender et analyser afin d’être en capacité à prendre de la hauteur pour prendre les bonnes décisions. 
Ce que j’ai retenu de ma relation avec les hommes dans le travail (et ailleurs !), c’est qu’ils sont très carrés, il n’y a pas d’ « entourloupes », si vous souhaitez communiquer au mieux avec eux c’est utiliser le même mode : droit au but !

Quels conseils aimeriez-vous partager avec les « elles du Groupe BPCE »
Quel que soit le métier que nous exerçons, la réussite vient parce qu’on est passionné par ce qu’on fait. Un métier qui donne le sourire vous donnera forcément plus d’atouts pour réussir.
Un autre conseil que je pourrais donner serait de bien s’entourer, c’est-à-dire, trouver les bonnes personnes autour de soi, celles qui ont les compétences adéquates pour participer à la réussite de l’entreprise. Il y a 18 mois nous étions 8, aujourd’hui nous sommes 31 salariés, et j’ai souhaité rencontrer chacune de ces personnes avant, car je me suis souvent fiée à mon instinct pour bien m’entourer. On se doit de s’écouter soi !
Enfin, pour moi il est important de sortir des éléments actuels de clivage homme/femme. En effet, mieux vaut ne pas aborder sa carrière comme ça. C’est le temps, le labeur et le travail au quotidien qui feront leurs preuves. Personnellement c’est la persévérance qui est gage de réussite.

 Auriez-vous une anecdote marquante à partager avec nous à ce sujet ?
J’ai de nombreuses anecdotes, mais j’ai un souvenir marquant dans ce milieu particulièrement masculin.
Lorsque j’ai débuté toute jeune chez Monsieur OZCAN dans le 10ème arrondissement de Paris, le salon était exclusivement masculin. J’ai vu des hommes pousser la porte, observer, s’apercevoir de ma présence et sortir du salon… Ces mêmes hommes, deux ans après, s’étaient petit à petit familiarisés à ma présence, et au moment de mon départ de chez Monsieur OZCAN, avaient même la larme à l’œil ! Certains allaient jusqu’à m’apporter des gamelles à partager, pour le déjeuner, préparées par leurs femmes,!
Ma ténacité et ma patience ont payé ! Il y avait du chemin, mais en travaillant et en observant, j’y suis arrivée !

 

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